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lundi 24 mars 2008

Ma première (et dernière) aventure amoureuse


J'avais 17 ans lorsque j'ai rencontré Pierre Gatbois. Pierre, je le connaissais déjà un petit peu étant jeune. Mais la vraie première fois où je l'ai vraiment connu, c'était en 1937. Moi, je travaillais avec une dame et douze autres filles dans une usine de couture. Et Pierre était apprenti sabotier.

Malheureusement, deux ans plus tard, il est parti à la guerre de 39-45, j'ai eu peur de ne plus jamais le revoir. Pendant cette guerre, Pierre a été fait prisonnier en Allemagne. Il travaillait pour le STO(le Service de Travail Obligatoire) dans une usine de lin. Pendant six ans, j'ai attendu ses lettres. Dès que je reconnaissais l'écriture de Pierre, ça me soulageait. Ces quelques mots qu'il m'envoyait par mois, je les prenais comme une sucrerie qu'on donne à un gosse.

Quand Pierre est rentré en 1945, mon père était décédé. Ma mère a voulu que je me marie un an plus tard, pour que je puisse faire le deuil de mon pauvre père. Chose dite, chose faite. En 46, je suis devenue Madame Gatbois. Après notre mariage, Pierre a voulu travailler à son compte. En 10 ans, Pierre et moi avons eu trois magnifiques filles et nous avons vécu heureux dans le patelin de St Marc le Blanc.

Mon mari est décédé en 1990. Et quand mes filles ont été grandes, elles se sont mises à travailler.

Maintenant, je suis dans une maison de retraite, et je vis ma vie tranquillement.


Tania & Thomas, 6ème C

Un malheureux accident


A l'époque, j'avais 27 ans. J'étais très soudée à mes frères et soeurs, nous partagions nos joies et nos peines. Et à tous les mariages auxquels nous assistions, nous nous amusions comme de p'tits fous !

Malheureusement, un soir, alors que je dormais, mes frères ont frappé à ma porte. Quand ils sont arrivés à ma hauteur, j'ai vu qu'ils pleuraient. Quelque chose de grave était arrivé ! En effet, mon cher frère de 19 ans venait de rendre son âme à Dieu. C'était un malheureux accident !

Il marchait sur le trottoir en compagnie d'un ami quand soudain une voiture est venue le faucher au niveau des reins. Puis plus rien, même plus un souffle. Sur le coup, j'ai pleuré, mon frère René, marié, papa d'un gosse de 9 mois, Alain ! Ma famille et moi avons porté le voile pendant six mois et le deuil pendant un an.

Aujourd'hui encore, je le revois, il est l'image qui m'apparaît le plus souvent et de temps en temps, je le crois vivant.


Solène & Viridiana, 6ème C

Un bonheur de courte durée...


Autrefois, je devais aller chercher l'eau au puits et m'éclairer à la lampe à huile. L'hiver, on était obligé d'aller nourrir les bêtes avec une bougie et on devait se laver dans des bassins remplis d'eau de pluie.

Un jour, au printemps, je crois que c'était en..., en 58 ! Voilà, on nous a installé l'eau et la lumière le même jour ! Nous avons fait la fête toute la journée. J'étais très heureuse : on avait des interrupteurs et des robinets. Nous étions les derniers dans la commune à les avoir mais cela nous était égal puisque maintenant on les avait, nous aussi.

Un peu plus tard, un mécanicien vint nous voir. Il nous offrait une télévision qu'il brancha dans la cuisine.

Quatre jours passèrent jusqu'à ce qu'un plombier vint faire des branchements pour l'eau. Et voilà que sans le faire exprès, il fait couler de l'eau qui tombe sur la télé ! Bien sûr, elle était grillée !

C'était pas très important puisqu'on avait l'eau et l'électricité. Mais c'était quand même embêtant !


Julien et Gwenn, 6èmeC

La mauvaise nouvelle


Je m'appelle Denise, je vais vous raconter une histoire qui m'a beaucoup marquée. C'était il y a longtemps, je travaillais comme bonne dans une famille, car ma mère ne pouvait pas me garder,elle était très malade.

Je revenais d'une sortie. Quand je suis rentrée, j'ai tout de suite lu sur les visages une immense tristesse : les visages étaient sombres, et les yeux étaient fixés au sol, pleurant.. J'ai su qu'il s'était passé quelque chose. Ma mère adoptive m'a tendu une lettre de ses mains tremblantes. Je l'ai prise et je l'ai lue. J'ai appris la mauvaise nouvelle : la mort de leur fils aîné à la guerre ! Ses camarades soldats racontaient : il avait répliqué sur un allemand. «Si seulement il n'avait pas répondu, il serait peut-être encore là, avec nous ! », écrivaient-ils à la fin de la lettre.


Matthieu et Charline, 6ème c

La vie d'Antoinette


J'avais onze frères et soeurs à l'époque et j'étais la cadette. Il y avait vingt ans d'écart entre moi et l'aînée. A Noël, nous avions une orange ou une tablette de chocolat. A l'école, on jouait avec des billes en terre , à la marelle, à la corde, à la balle ou avec des cailloux sur les marches de l'école. Chez nous, on dormait sur la terre battue.

Une fois, j'ai fait un voyage chez ma soeur qui habitait à côté de la mer. J'y suis allée en train. J'ai passé trois mois là-bas. Je ne me souviens plus trop de ce que j'ai fait là-bas mais je me rappelle que je me suis très bien amusée avec ma soeur durant ces trois mois. Quand je suis revenue, j'ai appris que mes deux parents étaient décédés dans la même semaine. J'ai pleuré jusqu'à leur enterrement et longtemps après.


Oscar et Bruno, 6ème C

Toute une vie !

Mon père était cantonnier et ma mère s'occupait de nous sept, moi et mes frères et soeurs, quatre filles et trois garçons. On était soudé. On avait l'habitude de dire « un pour tous, tous pour un ».
Dans mon enfance, à l'école, on jouait au mariage pour s'occuper. En rentrant de l'école, je voulais monter dans les charrettes que je croisais mais un jour, le charretier me fouetta pour m'en empêcher. Et je n'ai plus jamais essayé de monter dans les charrettes. Ça me faisait trop peur ! A Noël, je n'avais pas de cadeaux, ni moi ni mes frères et soeurs. Ma famille était trop pauvre. Les seuls cadeaux que nous avions étaient ceux de l'école. Je me rappelle d'une chatte que j'avais, elle s'appelait Mikette. Quand on l'appelait, elle venait nous voir. Elle mangeait puis repartait.

Mon père est mort à l'âge de trente-neuf ans. Je devais avoir entre onze et douze ans. Quelques années plus tard, ce fut le tour de ma mère, elle avait trente-sept ans et moi, je devais avoir aux alentours de quatorze-quinze ans.

Un jour, ce fut le mariage de ma nièce. Mon futur mari se trouvait dans les invités. Et oui ! mon mari, je l'ai rencontré là-bas. Nous nous sommes mariés peu après.

Dans notre vie, nous avons beaucoup voyagé : de Venise à la Grèce, à Istanbul puis en Espagne, au Maroc et pour finir à Paris. Arrivée à Paris, j'ai travaillé pendant sept mois. Je suis rentrée chez moi à la campagne car mon mari venait de mourir.

C'est quand je suis devenue vieille que j'ai décidé d'entrer dans cette maison de retraite. Et me voilà ici à vous raconter ma vie...


Pauline et Cyndie, 6ème C